Trois jours, c’est la durée à partir de laquelle on cesse de courir après Florence. Le premier couvre le Duomo et la Florence médiévale, le deuxième est la journée des musées — les Offices et l’Académie, qui en une seule journée s’excluent l’un l’autre — et le troisième traverse l’Arno et reste en Oltrarno, la moitié de la ville que presque personne ne voit. Tout se fait à pied : le centre historique fait à peine plus d’un kilomètre.
Trois calques, un par journée. Les numéros suivent l’ordre de visite.
5 km · 5 étapes · déjeuner au Mercato Centrale · départ de la piazza del Duomo

Le premier jour suit le fil de la Florence civile et religieuse : la cathédrale, le palais du gouvernement, la basilique où la ville enterre les siens. On commence tôt pour une raison pratique : la montée à la coupole a un créneau horaire obligatoire et les premiers sont les seuls où le couloir n’est pas un entonnoir.
Visite 1 heure · Ouverture 8h15 · Billet environ 30 € cumulatif, réservation obligatoire
463 marches, aucun ascenseur. On monte dans l’espace entre les deux calottes — la coupole est double, et c’est l’astuce qui a permis à Brunelleschi de la bâtir sans cintres, c’est-à-dire sans l’échafaudage de bois alors jugé indispensable. À mi-hauteur on débouche sur la coursive intérieure, à quarante mètres du sol, avec le Jugement dernier de Vasari à portée de bras. La dernière partie est un colimaçon très étroit à sens unique.
Visite 2 heures pour les deux · Trajet deux minutes · Billet compris dans le cumulatif

Le baptistère est le monument le plus ancien de la place et les Florentins le crurent pendant des siècles un temple romain reconverti. À l’intérieur, une coupole entièrement en mosaïque dorée du XIIIe siècle, avec un Christ de huit mètres et un Enfer qui justifie la visite à lui seul. Les portes de Ghiberti à l’extérieur sont des copies.
Les originales sont au musée de l’Opera del Duomo, derrière l’abside, le musée le plus sous-estimé de la ville : la façade médiévale de la cathédrale y a été reconstruite grandeur nature dans une salle de trente mètres de haut, et l’on y trouve la Madeleine de Donatello et la Pietà Bandini, dernière sculpture de Michel-Ange, qu’il tenta lui-même de détruire.
Visite 45 minutes · Trajet 8 minutes à pied · Entrée libre

Sous la Loggia dei Lanzi se dressent le Persée de Cellini et l’Enlèvement des Sabines de Giambologna, qu’il faut contourner car il fut conçu sans façade principale. Sur le pavé, devant la fontaine de Neptune, un disque de marbre marque l’endroit où Savonarole fut pendu et brûlé en 1498, quatre ans après y avoir fait brûler livres et tableaux.
Visite 1h30 avec la tour · Billet environ 12 €, tour à part
La salle des Cinq-Cents fait cinquante-quatre mètres de long et dix-huit de haut, et sur les murs figurent les batailles peintes par Vasari — sous lesquelles, selon une recherche jamais conclue, pourrait encore se trouver la Bataille d’Anghiari de Léonard, inachevée et murée. Montez à la tour d’Arnolfo : 223 marches, et d’en haut on voit la coupole à la même hauteur.
Visite 1h30 · Trajet 10 minutes à pied · Billet environ 8 €

C’est le panthéon des Italiens : on y trouve les tombeaux de Michel-Ange, Galilée, Machiavel et Rossini, et un monument à Dante qui est vide parce que Ravenne n’a jamais rendu les ossements. Dans les chapelles du fond à droite, les fresques de Giotto ; dans le cloître, la chapelle des Pazzi de Brunelleschi, une salle si mesurée que les architectes viennent exprès la voir.
4,5 km · 4 étapes · journée de musées · jamais un lundi

C’est la journée que trois jours permettent et qu’un seul interdit : on fait les Offices et l’Académie le même jour, séparés par le déjeuner. Les deux sont fermés le lundi : si votre deuxième jour tombe un lundi, échangez-le avec le troisième sans hésiter.
Visite 3 heures · Billet environ 25 € en haute saison · Réservation vivement conseillée
Le premier musée moderne d’Europe, ouvert au public en 1769. Prenez le premier créneau du matin et suivez l’ordre chronologique, qui fonctionne vraiment ici : on part des panneaux de Giotto et Cimabue, on arrive à Botticelli avec le Printemps et la Naissance de Vénus dans la même salle, puis Léonard, le Tondo Doni de Michel-Ange, la Vénus d’Urbin de Titien et les Caravage à la fin, dont la Méduse peinte sur un bouclier d’apparat.
Visite 1h30 · Trajet 15 minutes à pied · Billet environ 16 € avec réservation
Le David mesure cinq mètres vingt et fut tiré d’un bloc que deux sculpteurs avant Michel-Ange avaient mal dégrossi puis abandonné pendant vingt-cinq ans. Mais la surprise, c’est le couloir qui y mène, avec les quatre Prisonniers inachevés : des figures qui sortent à moitié du marbre brut, que beaucoup trouvent plus puissantes que la statue achevée.
Visite 1 heure · Trajet 3 minutes à pied · Billet environ 8 €
À deux pas de l’Académie et presque toujours vide. C’est un couvent dominicain dans lequel Fra Angelico a peint chaque cellule de moine, une par une, avec une scène différente : on parcourt le couloir du premier étage en regardant dans quarante chambres. En haut de l’escalier se trouve l’Annonciation. Au bout du couloir, la cellule de Savonarole, qui fut prieur ici.
Visite 1 heure · Trajet 8 minutes à pied · Billet environ 9 €
La basilique des Médicis, dont la façade est restée brute parce que le projet de Michel-Ange ne fut jamais réalisé. Derrière, les chapelles Médicis : la Sacristie neuve est entièrement de Michel-Ange, architecture et sculptures ensemble, avec les allégories du Jour, de la Nuit, de l’Aurore et du Crépuscule étendues sur les sarcophages.
6 km · 4 étapes · on traverse l’Arno et l’on monte · sans se presser

Le troisième jour est le plus lent, et celui dont beaucoup se souviennent le mieux. On traverse le fleuve, on passe la matinée entre un palais et un jardin, l’après-midi dans un quartier d’artisans, et l’on finit sur une colline au coucher du soleil.
Visite 30 minutes · Entrée libre
Le seul pont de Florence à avoir survécu à 1944. Les boutiques y sont depuis le XIVe siècle : bouchers et tanneurs d’abord, qui jetaient leurs déchets dans le fleuve, puis orfèvres par décret de Ferdinand Ier en 1593, parce que l’odeur montait jusqu’au corridor de Vasari, le kilomètre couvert que le grand-duc empruntait pour aller du Palazzo Vecchio au Palazzo Pitti sans se mêler à la ville.
Visite 3 heures pour les deux · Trajet 8 minutes à pied · Billet environ 16 € le palais, 10 € le jardin

La façade est volontairement rude, tout en bossage, parce qu’elle devait dire la puissance et non l’élégance. À l’intérieur, la galerie Palatine accroche les tableaux serrés sur trois rangs comme au XVIIe siècle, sans cartels au mur : onze Raphaël et quatorze Titien, regardés comme les regardait le grand-duc.
Derrière s’ouvre Boboli, quarante-cinq hectares de jardin à l’italienne en pente : allées de cyprès, un amphithéâtre où naquit l’opéra, la grotte de Buontalenti et ses fausses stalactites, et au sommet le Forte Belvedere. Par temps chaud, c’est le seul endroit ombragé de Florence.
Visite 1h30 · Trajet 10 minutes à pied · Brancacci environ 10 €, réservation obligatoire
La piazza Santo Spirito est le cœur de l’Oltrarno : la basilique a une façade blanche et complètement nue parce qu’elle ne fut jamais achevée, et l’on y trouve la dernière architecture de Brunelleschi ainsi qu’un petit crucifix en bois attribué à Michel-Ange à dix-huit ans.
À cinq minutes, dans l’église du Carmine, se trouve la chapelle Brancacci : les fresques de Masaccio de 1425 sont le moment précis où la peinture européenne découvre la perspective et où les figures commencent à peser. La Chasse du Paradis, avec Adam qui se couvre le visage, fut copiée sur place par Michel-Ange et Raphaël jeunes. On entre par petits groupes et il faut réserver.
Visite 2 heures, avec le coucher du soleil · Trajet 25 minutes à pied en montée, ou bus 12 · Entrée libre

On monte par la rampe du Poggi et l’on voit tout le centre d’un coup. Puis montez encore cinq minutes jusqu’à San Miniato al Monte : église romane du XIe siècle, façade en marqueterie de marbre vert et blanc, sol au zodiaque, et une crypte où les moines chantent les vêpres en grégorien au coucher du soleil. C’est gratuit, et à cette heure-là il y a vingt personnes au lieu de deux mille.
Le quatrième jour a trois bonnes réponses. Le Bargello, musée de la sculpture en plein centre : le David en bronze de Donatello, premier nu masculin en ronde-bosse depuis l’Antiquité, et les deux panneaux du concours de 1401. Fiesole l’étrusque, à vingt minutes de bus, avec son théâtre romain et une vue sur Florence différente. Ou une journée dans le Chianti, qui commence vingt kilomètres au sud.
| Poste | Coût indicatif |
|---|---|
| Billet cumulatif du Duomo, valable 3 jours | environ 30 € |
| Galerie des Offices | environ 25 € |
| Galerie de l’Académie | environ 16 € |
| Palazzo Pitti | environ 16 € |
| Jardin de Boboli | environ 10 € |
| Palazzo Vecchio | environ 12 € |
| Santa Croce | environ 8 € |
| Chapelle Brancacci | environ 10 € |
| Déjeuner | 10 à 20 € par jour |
| Dîner | 25 à 40 € par jour |
| Total par personne, 3 jours | environ 260 à 380 € hors hébergement |
Chiffres de référence en août 2026 : les musées florentins changent de tarif entre haute et basse saison, vérifiez sur les sites officiels avant de partir.
Santa Croce est le choix équilibré : on est dans le centre, on va partout à pied, et le soir le quartier est vivant sans être seulement touristique.
San Marco et Santissima Annunziata, le quartier universitaire au nord : prix plus bas, dix minutes du Duomo.
Oltrarno pour qui veut les soirées dehors et la part artisanale de la ville ; on traverse un pont et l’on est au centre.
À éviter : les abords immédiats de la gare, et les immeubles donnant sur le Duomo, où les cloches sonnent tous les quarts d’heure.
À pied, toujours. Le centre historique fait à peine plus d’un kilomètre et l’essentiel est piétonnier. Le seul trajet où le bus est utile est la montée au Piazzale Michelangelo, lignes 12 ou 13.
En train on descend à Santa Maria Novella, dans le centre. En voiture, tout le centre est une zone à trafic limité avec caméras : on se gare hors des murs, et les amendes arrivent des mois plus tard.
Oui, et c’est la bonne durée : assez pour le Duomo avec la coupole, pour les Offices et l’Académie sans devoir les faire le même jour, pour Santa Croce et pour tout l’Oltrarno avec le Palazzo Pitti. Le Bargello reste dehors, ainsi que Fiesole et le Chianti.
La coupole de Brunelleschi a un créneau horaire obligatoire et la chapelle Brancacci n’admet que de petits groupes. Les Offices et l’Académie ne sont pas obligatoires mais sans réservation, d’avril à octobre, on fait une ou deux heures de queue. Le billet cumulatif du Duomo vaut trois jours : on l’achète une seule fois.
Les Offices, la galerie de l’Académie, le Palazzo Pitti et Boboli, c’est-à-dire presque tous les musées d’État. Restent ouverts le Palazzo Vecchio, le musée de l’Opera del Duomo, les églises et le Bargello, qui ferme toutefois une semaine sur deux.
Duomo et centre le premier jour, car le billet cumulatif vaut trois jours et il vaut mieux l’activer tout de suite. Musées le deuxième, jamais un lundi. Oltrarno et collines le troisième, le plus souple, qui se déplace volontiers selon la météo.
Entre 260 et 380 € par personne hors hébergement. Les musées pèsent lourd : les seules entrées principales font environ 120 €. On économise beaucoup en déjeunant sur les marchés.
Il a rouvert au public après une longue restauration, avec un nombre de places limité et un billet distinct de celui des Offices. Les disponibilités sont rares et se cherchent sur le site officiel des Offices des semaines à l’avance.
août 22, 2026