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Palerme

Palerme est la ville européenne où l’on voit dans un même édifice un arc arabe, une colonne normande et une mosaïque byzantine, sans qu’aucun des trois n’ait eu à céder aux autres. Elle fut phénicienne, romaine, arabe pendant deux siècles, puis normande à partir de 1072 — et les Normands, au lieu d’effacer ce qu’ils avaient trouvé, gardèrent au travail les architectes musulmans, les mosaïstes grecs et les maçons latins sur les mêmes chantiers. Le résultat porte un nom, arabo-normand, n’existe nulle part ailleurs, et figure depuis 2015 au patrimoine de l’UNESCO avec neuf monuments.
Deux choses pratiques qui changent le voyage. La première : une foule d’églises et tous les oratoires ferment entre 13h et 13h30 et ne rouvrent pas, et le dimanche après-midi presque tout est fermé. La règle qui sauve les journées est de mettre les visites intérieures le matin, et les marchés, les promenades et la mer l’après-midi. La seconde : ici on mange debout, et ce n’est pas un pis-aller — panelle, arancine, sfincione et pane c’à meusa coûtent cinq ou dix euros et sont ce que la ville offre de meilleur à table.
Avec un jour on parcourt l’axe de la vieille ville : la chapelle palatine, où un plafond islamique peint de danseuses surmonte des mosaïques byzantines dans une église latine ; la cathédrale qui fut mosquée et porte encore un verset du Coran gravé sur son portique ; le marché de Ballarò ; les deux églises de la piazza Bellini. Avec trois, on monte à Monreale, avec ses 6 400 mètres carrés de mosaïque et son cloître aux chapiteaux tous différents, on descend dans les catacombes des Capucins et l’on découvre les oratoires de Giacomo Serpotta — ce que les Palermitains citent en premier et que les visiteurs sautent presque toujours. Et puis il y a la mer, à une demi-heure de bus.